08.02.2006
Les jeunes protestants fêtent Noël
Le 14 décembre : des mages étourdis pour un noël franco-libanais
Les mages s’en sont retournés… ça c’est ce qu’on sait depuis toujours.
Mais l’esprit tourneboulé par Celui que leurs yeux avaient vu, il semble qu’ils se soient trompés de direction. Ils s’en sont allés mais aux antipodes de la destination raisonnable : non pas vers l’Orient d’où ils venaient, mais en Occident.
Chez nous ! à l’ouest !
Ces Libanais maronites qui sont venus nous raconter comment ils vivaient l’événement de Noël sont complètement à l’ouest !
C’est ce qu’on aurait pu dire en les regardant chanter, les yeux fermés, tout absorbés par leurs hymnes en langue araméenne. Ces mélodies populaires des premiers siècles transformées en chants liturgiques montaient en volutes râpeuses dans la crypte de la paroisse du Marais.
Et nous aussi, nous étions comme détournés des « noëlleries » habituelles. Sapin, bonbons, lumières et cadeaux… on aurait pu remballer l’attirail fait pour nous mettre dans l’ambiance nostalgique des noëls qui ont le charme de n’être plus. Le père Samer avec la puissance évocatrice de son ton, nous a transportés dans les montagnes libanaises et c’était comme si nous étions nous-mêmes ces chrétiens qui invitaient à leur table tous les voisins démunis, qu’ils soient maronites, protestants, melkites, druzes ou musulmans. « Dans un pays où le christianisme est vraiment minoritaire, on n’a pas le réflexe de mettre en avant sa dénomination, ou de fêter les moments forts chacun pour soi. On tient à vivre plus encore qu’à montrer, l’accueil que Dieu adresse à tout homme. On est avant tout chrétien, et ça prend une signification très concrète rien que parce que Jésus a connu nos contrées, Tyr et Sidon. Naturellement, Jésus a le visage de notre voisin »
Mais chacun sait qu’il est difficile de se refuser au charme des ambiances familiales, alors nous avons chanté les standards de Noël en anglais, en espagnol, en allemand et nos invités on pu reprendre leur direction vers cet Orient qu’ils avaient si bien introduit parmi nous. « Douce nuit » en arabe, c’est tout aussi dépaysant qu’une mélopée syriaque.

